Discours de Joseph Kabila : À son regret, « la République a cessé d’être démocratique »

Discours de Joseph Kabila : À son regret, « la République a cessé d’être démocratique »

Dans une allocution télévisée adressée à la nation congolaise ce vendredi 23 mai au soir, l’ancien président Joseph Kabila a rompu un long silence, livrant une analyse critique de la situation actuelle de la République démocratique du Congo. Il a abordé les aspects institutionnels, politiques, économiques, sociaux et sécuritaires, estimant que l’urgence impose désormais la parole et l’action.

Un devoir de réserve désormais levé

Joseph Kabila a rappelé qu’il s’était imposé un devoir strict de réserve depuis la passation pacifique du pouvoir en 2019. Il a déclaré « Je m’étais imposé un strict devoir de réserve, y compris quand je faisais l’objet, directement ou par proches interposés, de provocations, de déni de droit, d’humiliations, d’imputations dommageables et d’autres atteintes à ma dignité. »

Il explique que répondre à ces provocations aurait signifié se plier au jeu de ceux qui, selon lui, ont démontré leur incapacité à répondre aux aspirations du peuple congolais.

Un climat politique dégradé

Joseph Kabila a vivement dénoncé la résurgence de l’intolérance et de la division, qu’il accuse d’être non seulement tolérées mais financées par le pouvoir en place.

« Les vieux maux de la République, l’intolérance et la division, sont revenus en force, véhiculés et financés par les tenants actuels du pouvoir. »Il critique également la dérive autoritaire des institutions, notamment du Parlement qu’il accuse d’avoir renoncé à son rôle constitutionnel « Le Parlement a abdiqué sa mission de temple de la démocratie. Il n’est plus qu’une chambre d’enregistrement de la volonté d’une seule personne. »

Une justice instrumentalisée

L’ancien président accuse la justice constitutionnelle d’avoir renoncé à ses responsabilités, devenant selon lui un instrument d’oppression au service d’un régime autoritaire « Elle s’est laissée instrumentaliser à des fins politiques, devenant un outil de répression au service d’une dictature qui tente désespérément de survivre à contre-courant de l’histoire. »

Un héritage dilapidé

Il exprime un profond regret face à la situation actuelle, affirmant que le bilan de son successeur est catastrophique :« À peine six ans après, le bel héritage a été dilapidé. »

Un appel au sursaut

Joseph Kabila conclut en affirmant que rester silencieux aurait été une faute morale et historique ,« Continuer à me taire m’aurait rendu poursuivable devant le tribunal de l’Histoire pour non-assistance à plus de 100 millions de Congolais. »

Ce discours est intervenu  24 heures après la levée de ses immunités parlementaires à la Chambre haute du Parlement.

l’observatrice

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