Kinshasa : Le handicap des parents devient le fardeau des enfants ; le cri silencieux de ces innocents

Kinshasa : Le handicap des parents devient le fardeau des enfants ; le cri silencieux de ces innocents


À Kinshasa, de nombreux enfants issus de parents en situation de handicap, notamment des malvoyants, sont privés de leurs droits fondamentaux, en particulier celui à l’éducation. Faute de moyens, certains accompagnent quotidiennement leurs parents dans les rues de la capitale, où ces derniers se livrent à la mendicité.

Des enfants condamnés à l’errance 

Ils sont pour la plupart très jeunes et contraints par les difficultés sociales, le coût de la vie, sillonnant les rues de Kinshasa sous vents et marées à la recherche du peu pour le nécessaire. Ces enfants, souvent livrés à eux-mêmes, craignent pour leur avenir, désormais incertain.

« Ba misusu tozali awa, to tika ba classe po makoki ezali te, esengeli na biso to sunga ba boti na biso na difficulté. »

Traduction : « Certains d’entre nous ont abandonné les études faute de moyens », précise Jérémie, l’un des enfants-guides rencontré sur le boulevard Triomphal.

Un appel à l’aide des personnes vivant avec handicap

Catherine, personne malvoyante, déplore les conditions de vie difficiles de son quotidien. Elle appelle le ministre délégué près le ministre des Affaires sociales, en charge des personnes vivant avec handicap, à s’impliquer pour une meilleure prise en charge.

« Nous lançons un appel aux autorités afin qu’elles nous viennent en aide, car nous sommes absolument abandonnés à notre sort. Ces enfants qui nous accompagnent incarnent pourtant l’avenir de la nation », déclare-t-elle.

Un enjeu social et humanitaire majeur

Interrogé par notre rédaction, Thierry Kasongo, défenseur des droits des enfants, estime que cette situation constitue en soi un véritable enjeu social et humanitaire. Il appelle, à cet effet, l’État congolais à leur garantir l’accès à l’éducation et à accompagner chaque famille en situation de handicap.

« Un enfant a droit à l’éducation, et la place d’un enfant se trouve à l’école, pas dans la rue ou dans les milieux ouverts. L’État est appelé à soutenir ces parents en situation de handicap afin de faciliter l’accès à l’éducation pour les enfants », estime-t-il.

Alors que la pauvreté et le manque d’inclusion continuent de fragiliser les familles vivant avec un handicap, la situation de ces enfants interpelle la conscience collective. Leur avenir dépend désormais d’une réelle volonté politique et d’actions concrètes pour garantir à chaque enfant congolais son droit à l’éducation et à la dignité.

À qui revient la responsabilité ?

La vulnérabilité des enfants de parents handicapés n’est pas un problème individuel, mais un dysfonctionnement du système social en République démocratique du Congo.

Il sied de rappeler que la société est un système composé de sous-systèmes, entre autres la famille, l’école, l’économie, la religion, l’État, pour ne citer qu’eux. Chaque sous-système a une fonction à remplir pour assurer la stabilité et le bon fonctionnement de la société.

De ce fait, le handicap d’un parent peut fragiliser le rôle de la famille, qui est censée protéger et socialiser les enfants, assurer leur éducation, répondre à leurs besoins affectifs et matériels. Mais sans aide de l’État ou de la communauté, ces parents échouent à s’ajuster.

Gratien Kihumbu

admin

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